Portrait : grutier

Début juillet, nous sommes allés interviewer une personne du chantier qui passe le plus clair de sa journée 20 mètres au-dessus du sol, seule dans une cabine, reliée à la terre par radio-fréquence et dont la mission est de déplacer , transporter, monter divers éléments du bâtiment en construction (ferrailles, poutres,…) : M Yannick Isaac, un des deux grutiers.

monsieur le grutier 6 juillet 2015Bonjour, pouvez-vous vous présenter svp ?

Bonjour, je m’appelle Yannick Isaac ; Je suis grutier chez Eiffage depuis 16-17 ans. Avant j’étais maçon de formation mais suite à un accident de moto et un genou abîmé, il ne m’a plus été possible d’exercer cette profession. Eiffage m’a alors proposé une formation  interne pour devenir grutier en obtenant le permis de conducteur de grues.

Ce permis vous permet de conduire les grues de toute dimension ?

Oui oui je peux conduire les grues de toutes les hauteurs, jusqu’à 80 mètres de haut par exemple.
Ce permis n’est valable que 5 ans : il faut alors le repasser après une formation de 3 mois.

Il y a deux grues sur le chantier : combien mesurent-elles ?

Elles ont à peu près la même hauteur : 20 et 27 mètres, je conduis celle de 20 mètres.

Quelles sont les particularités de votre métier ?

Je commence à travailler assez tôt, vers 7h30 et je termine ma journée vers 15h/15h30 mais on ne sait jamais vraiment à quelle heure va finir la journée : je suis dépendant du chantier, des retards comme des avancées.
C’est un métier fatigant non pas physiquement mais moralement car il faut être à 100% concentré ! Une erreur d’inattention pourrait être fatale !
En plus, il faut aussi aimer être seul ! La cabine a tout le confort : climatisation, chauffage,  (on ne peut pas avoir de poste de radio par contre) mais on ne parle à personne sauf à celui qui nous guide au sol. C’est un travail qui se fait en binôme : bien souvent on conduit la grue à l’aveuglette, et une totale relation de confiance doit s’instaurer entre le guide au sol et le grutier, qui dialoguent par talkie-walkie.
On ne fait pas de pause sauf celle du repas, on est donc toute la journée perché !

Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe en cas d’intempéries ?

C’est surtout le vent qui peut nous contraindre à stopper la grue.
En fait, on va mesurer la force du vent : à 50 km/heure, on travaille encore mais on ralentit les déplacements, on ne peut plus soulever ce que l’on veut ; c’est moi qui vais évaluer, en fonction des rafales par exemple, si je peux transporter tel ou tel matériaux. A partir de 72km/heure, on arrête le travail avec la grue.

A quel moment s’arrêtera votre intervention sur le chantier ?

Une fois que le gros œuvre sera terminé, donc d’ici fin juillet. C’est le moment où il est prévu de démonter la grue. Mon prochain chantier est prévu porte d’Arras, à Lille.
Nous remercions beaucoup M Isacc pour sa disponibilité à répondre à nos questions.

A-S G.

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